Texte à méditer :  Deux choses sont infinies : l'univers et la bêtise humaine, en ce qui concerne l'univers,
je n'ai pas acquis la certitude absolue
.    Albert EINSTEIN
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Je me souviens de mes origines.

C'était il y a longtemps. Du vent dans des branches, des bruissements de feuilles.
Les pattes d'un oiseau sur ma peau, les vers qui me rongeaient les tripes parfois.
J'étais en des dizaines de lieux à la fois, caressé par des dizaines de vents,
et je connus des centaines d'oiseaux, et des milliers de vers.

Et un jour, la douleur fulgurante. Des coups portés, venus de je ne sais où, et la chute, interminable.
Et le coma.

Je me réveillai dans une sorte de douce torpeur, une lumière crue et artificielle semblait me mettre à nu totalement,
et on s'affairait autour de moi.
J'avais ce sentiment d'être démembré, écartelé, et pourtant je m'éveillais à la vie.
Je ne le savais encore pas.

Ses mains pourtant caleuses étaient douces contre mes flancs à plaies ouvertes.
J'avais été écorché vif, on avait arrachée ma peau, mon écorce,
plus rien ne me protégeait, je me tordais sous ces nouvelles formes géométriques qu'on m'imposait,
je résistais, je craquais, je suais ma sève, mon eau, mon angoisse.
Il me laissa reposer longtemps dans un coin de l'atelier.

Doucement j'appris à respirer, et à accepter ma nouvelle apparence.
Il passait parfois flatter mes surfaces lisses et claires.
Je cessai peu à peu de me révolter, je me détendis, je courbai l'échine sous ses flatteries.
Il trouvait que je sentais bon.

Un jour il me jugea prêt. Il reprit ses séances de découpes,
je n'aimais toujours pas ça mais j'y prenais désormais part avec une sorte de résignation mêlée de curiosité.
Je ne savais toujours pas ce à quoi on me préparait, je n'allais probablement pas finir en bois de chauffe avec tous ces soins,
alors quel destin m'attendait ?

Sa voix était grave et douce à la fois, et il sifflait souvent autour de la machine bruyante avec laquelle il me transformait.
Plus le temps passait, plus je voyais son entêtement à me travailler,
et plus j'en étais convaincu : il faisait de moi quelque chose de magnifique.
On ne pouvait donner autant d'amour sinon pour quelque chose de magnifique...

Le sol se couvrait chaque jour de mes copeaux, telles des raclures d'ongles ou de vieux cheveux morts qui tombent,
il les balayait le soir et je ne les pleurais pas.
Il faut souffrir pour devenir beau.

Puis ce fut cette chose gluante dont il m'encolla pour accrocher mes différents morceaux entre eux.
Au début, je n'ai vraiment pas aimé.
Quoi, ainsi il avait fait de moi ces formes belles et si parfaites,
pour les engluer avec une pâte visqueuse ?
Cette fois encore, il sut me rassurer. Patiemment il ponçait les débordements,
pour me redonner une douce et lisse surface, et peu à peu,
je retrouvai mon aspect parfait, avec une dimension supplémentaire, un volume.

Au fait, étais-je un meuble, une oeuvre d'art ?
Je brûlais (c'est une image, fort heureusement) de le savoir.

Puis il m'obligea à accepter un hôte fort désagréable. Froid, dur, sans âme,
incapable de ployer ou de respirer, il était tout mon contraire.
L'entente fut longue à trouver, entre le métal et moi.
Mais pourtant nous la trouvâmes.

Heureusement d'ailleurs, car il nous imposa la promiscuité,
nous couvrant tous deux d'une toile qui nous cacha la lumière.
Là, j'ai franchement boudé. Si fier de mes belles arabesques de bois vigoureux,
j'étais bien vexé de les voir cachées par ce vilain tissu,
d'autant qu'une fois peint il me fit un peu étouffer.
Mais ma confiance inébranlable en mon créateur me permit de passer ce cap.
Il faut souffrir pour devenir beau. Dussé-je pour celà passer par quelques séances de maquillage.
Et je m'appropriai peu à peu "ma" toile.

Par la suite notre intimité, entre mon créateur et moi, alla augmentant.
A présent, il venait jusqu'en moi, s'asseyait sur mes fibres (serais je donc un simple meuble ?),
et me couvrait de bijoux divers qu'il disposait en moi (non, je ne suis pas un meuble !).

Puis vint le grand jour.
Je m'en souviens comme si c'était hier.
Celui où je sortis de ma "nurserie", pour la première fois sous mon nouvel aspect,
le soleil faisant briller ma toile.

Il n'était pas seul ce jour là, ils étaient trois.
Je sentis qu'ils m'admiraient, et j'en conçus une immense fierté.
J'avais sur mon flanc cinq lettres apposées, mon prénom peut être,
pas facile à articuler pourtant.
L'une des lettres étaient un peu moins bien dessinées que les autres, c'était un W.

Mon Père s'assis en moi, me flatta doucement de la main,
puis commença à manipuler l'attirail complexe qu'il avait installé en mon sein.
Curieusement, je crus sentir mes tripes remuer, comme lorsque les vers me rongeaient autrefois.
Une curieuse chatouille dans le prolongement de ses mains.
Puis ce fut comme une explosion, et j'eus un moment de panique,
le souvenir de ma chute autrefois dans la forêt, me revint à l'esprit.


Mais pas de coma, j'étais toujours là. Toujours là, mais vibrant, vivant.
Je tremblais doucement, au rythme de mon lourd nez de métal,
et celà n'était finalement pas si désagréable.
J'étais tout surpris, tellement de choses extraordinaires d'un coup.
Attends, regarde, écoute.
Fais lui confiance.

Et soudain, je me mis à bouger. Aucun des deux hommes ne me poussa, pourtant.
Et mon Père ne descendit pas de mes entrailles.
Nous nous mîmes à bouger, ensemble.
Quelle merveille... j'en étais totalement ému,
c'était encore plus beau que je ne l'avais imaginé.
Il n'avait pas seulement fait de moi quelque chose de magnifique,
il avait fait de moi quelque chose de vivant.
Non, pas quelque chose.
Quelqu'un.

Si fibre de bois eut pu pleurer, je pense que je l'aurais fait ce jour là.

Il m'emmena en des endroits inconnus, je roulai sur le sol dur, puis sur l'herbe douce,
et tout me sembla beau, tant j'étais pris dans ma tornade de bonheur.
Des odeurs, des couleurs, des lumières.
Je me sentais nouveau-né sorti du cocon, germe sorti de la graine.

Nous nous arrêtames, il toussa un petit peu, me flatta de nouveau, puis d'un coup mon nez de métal s'emballa.
Nous prîmes de la vitesse, beaucoup de vitesse.
Le vent... je sentis le vent me caresser,
ce vent que j'avais connu autrefois,
ce vent que je n'avais plus ressenti depuis si longtemps !
Il me sembla me sentir plus léger, de plus en plus léger...
Mes fibres se tordirent, tout mon être se tendit vers le ciel,
mes gouvernes eurent une folle envie de danser.
Puis le nez se calma, je ralentis, et je retrouvai la gravité.

J'avais le sentiment d'avoir approché quelque chose.
Ce soir là, je dormis sous un nouvel abri,
et la nuit me sembla la plus belle jamais passée.

Le lendemain pourtant, Père ne revint pas.
Le jour suivant non plus.
Les suivants non plus.

Les jours passèrent. La solitude m'enveloppa, l'angoisse aussi, puis la tristesse.
Avais-je manqué un cap ? Avais-je échoué ?
Mon créateur se désintéressait il de moi ?
Lui était il arrivé quelque chose ?
M'avait il juste oublié ?

La poussière me recouvrit peu à peu.

Un jour une dame vint dans le hangar, elle pleurait.
Elle me montra du doigt à des messieurs.
Ils me regardèrent, agitèrent mes gouvernes sans ménagement,
parlèrent sèchement.
Voyant celà, la dame s'énerva, et les jeta sans ménagement hors de ma demeure.

Et de nouveau plus rien, plus personne.

Puis un jour, un petit homme vint me voir.
Il semblait très jeune, et il avait le même regard que Père.
J'eus confiance en lui tout naturellement, saurais-je seulement vous expliquer pourquoi ?

Ce petit homme me soigna, me lava, et redonna vie à mon nez de métal.

Et il me fit découvrir que je savais voler.
A Zainal


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